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EMB Las Terrenas
 
 
 
 

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Compte rendu d'une expédition à haut risques

Laurent Vigier:

"Jeudi : départ de Las Terrenas à 10h en direction de Santo Domingo pour le chargement. Arrivé du camion (semi 38 tonnes avec un container de 12 mètres ), chargement sur 2 lieux différents. Nous avons terminé le chargement (+ de 4 tonnes c'est long !!!) vers 18h30 et avons pris la route de Barahona vers 19h pour arriver vers minuit. Un repas avec toute l'équipe et au lit a 1h du mat; les prochains jours vont être éprouvants .

Vendredi : après une très courte nuit (réveil à 4h30), départ pour Jimani, ville frontière. Nous y retrouvons nos amis journaliste, Claude, Guillaume et Camillo qui vont nous accompagner jusqu\'à notre point chute, Gran Goave (entre temps, nous avons abandonné l'idée d'aller a Jacmel car la route était hors d'usage et les secours canadiens étaient sur place)....
Avant la frontière, passage obligé auprès des services sanitaires pour les vaccins d'usage et un traitement préventif contre la malaria. Je n'aime pas les piqures, mais bon !!!...
Passage de la frontière vers 9h et en route pour Port au prince. Après 1h30 de route, entrée dans les faubourgs de ce qui a peut être été une ville !!! Un bordel incommensurable, du bruit ; du monde, des embouteillages monstres, de la poussière, mais pas encore de trace du seisme ; mais, tout d'un coup l'horreur qui arrive progressivement, quelques fissures, des murs de clôture effondrés et puis, des maisons au sol comme des châteaux de cartes écroulés, des camps de réfugiés par dizaines a même le sol sous des abris de fortunes. Tout cela sur des kilomètres et des kilomètres . Paysage de désolations, les gens sont sur le bord de la route essayant de vendre les maigres denrées leur restant ; mais plus d'économie, donc plus de salaires et plus d'argent ! On comprend pourquoi nous sommes là, malheureusement!
Sortie de Port au prince, la traversé aura duré près de 3 heures avec une panne du second camions (durite). L'équipe prévue pour carrefour attendra la réparation pour poursuivre son chemin. Nous continuons en direction de Carrefour, zone de l'épicentre, (pas beau a voir !) et sortons de la capitale en direction de l'ouest. A mi chemin entre Port au prince et Gran Goave, nous avons subi une attaque contre notre camion à la traversée d'un village. Plusieurs dizaines de personnes se sont précipité sur notre camion dans le but de voler notre chargement, un barrage constitué de gravats et de troncs est formé en quelques secondes. Grace a la dextérité du chauffeur (que je remercie vivement car j'étais dans le camion !), nous avons pu forcer le barrage et continuer notre route . Un peu moins tranquille. Le danger est réel !!!
Arrivée à Gran Goave, nous sommes accueillis par le père Fritzer qui semble déjà dépassé par la situation. 3 militaires américains bloquent la rue avec leur Hummer et nous aident à décharger la cargaison (merci les gars, les sacs de 50 kg c'est pas mon truc ). La première partie de la mission est terminée. Reste a emmener les médicaments à l'hôpital ou l'accueil aura été fantastique. Samedi : secousse vers 5h du mat (je dormais, j'ai rien entendu, rien senti, donc je ne peux pas en dire plus) ; réveil 6h et petit tour dans le village ; un village totalement sinistré des centaines de personnes sur la place du village dans des abris de fortune, ils manquent de tout, de toiles, d'eau, de nourriture. La distribution s'annonce compliquée ! Elle le sera ... Nous commençonons a aligner les denrées sur des tables, préparant des paquets individuels ou familiaux. Nous ferons entrer les gens 10 par 10 ¦ oui mais des centaines de personnes ont peur de ne rien avoir. Ils sont d'abord 10 puis 50, puis 100, puis 300, puis ... nous sommes très vite débordés. Tous veulent et ont peur de ne pas avoir. Plus de 80 % de la cargaison est déjà distribuée, 2 militaires espagnol de l'ONU arrivent et nous conseillent de partir car tout le monde ne sera pas servi. Quelques au revoir précipités avec la promesse de continuer et de revenir, des sourires et des remerciements. Oui, je reviendrai !
Nous partons, un peu dans la confusion. Haïti c'est pas facile ! c'est le retour, 12 heures de route jusqu'à Las Terrenas, nous arrivons épuisés mais malgré tout avec le sentiment du devoir accompli. Grace a nous tous, des centaines de familles se seront couchées avec le ventre plein.
Ce que j'en retire, l'envie de continuer a aider ces pauvres gens qui ne méritent pas cela. Alors, ne lâchons pas et continuons notre action. Encore une fois, merci a vous tous."


Doris Ruhl . (02/02/2010)

 

 

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